Monaco en 2026 : un nouveau chapitre pour la gestion de patrimoine privé international

07/09/2026

Les évolutions à Monaco en 2026

Monaco aborde la dernière partie de l’année 2026 à un moment particulièrement intéressant de son évolution en tant que centre international de gestion de patrimoine privé. La Principauté continue d’attirer de nouveaux résidents du monde entier, tout en sortant de l’une des périodes de réformes réglementaires les plus intenses de son histoire récente.

Ces évolutions sont de plus en plus interconnectées. Les familles internationales qui envisagent de s’installer à Monaco ne s’intéressent plus uniquement à la fiscalité, mais également à la stabilité politique et fiscale, à la sécurité, à l’éducation, à la qualité de vie ainsi qu’à la richesse de l’infrastructure professionnelle disponible pour accompagner des vies transfrontalières de plus en plus complexes.
 

Le processus du GAFI : à l’approche d’une étape importante

Monaco a été placé sous surveillance renforcée du GAFI, communément appelée « liste grise », en juin 2024. Depuis lors, le rythme des réformes a été considérable.

Lors de sa réunion plénière de juin 2026, le GAFI a conclu que Monaco avait substantiellement achevé son plan d’action et qu’une évaluation sur place était justifiée afin de vérifier que les réformes avaient bien été mises en œuvre et qu’elles étaient durables. Il s’agit d’une étape importante, même si le retrait officiel de la surveillance renforcée nécessite l’achèvement du processus du GAFI. Une visite sur place du GAFI est prévue en septembre, au cours de laquelle les évaluateurs examineront si les réformes sont effectivement intégrées dans les pratiques et susceptibles d’être maintenues dans la durée.

Sous réserve d’une évaluation concluante, la situation de Monaco devrait ensuite être examinée lors de la réunion plénière du GAFI prévue du 26 au 30 octobre 2026, ouvrant potentiellement la voie à un retrait de la surveillance renforcée. Le GAFI a d’ores et déjà déterminé que Monaco avait substantiellement achevé son plan d’action.

Un éventuel retrait de la liste grise constituerait une étape importante pour la réputation de la Principauté. Plutôt que de simplement rétablir la position antérieure de Monaco, il devrait renforcer sa stature internationale en démontrant que les importantes réformes réglementaires, prudentielles et judiciaires menées au cours des deux dernières années ont été reconnues par le GAFI comme efficaces et durables.

Pour un centre international de gestion de patrimoine privé, cette crédibilité réglementaire renforcée devrait accroître davantage l’attractivité de Monaco auprès des familles, des institutions financières et des conseillers professionnels.

La conséquence la plus durable réside toutefois dans la transformation de l’environnement monégasque en matière de conformité. Les exigences relatives à la connaissance et à la vigilance à l’égard de la clientèle, aux bénéficiaires effectifs, à l’origine du patrimoine, aux déclarations d’opérations suspectes ainsi qu’aux responsabilités des professionnels réglementés se sont toutes considérablement renforcées.

Le développement de l’expertise professionnelle accompagne cette évolution réglementaire. L’International University of Monaco (IUM), en partenariat avec l’Association Monégasque des Compliance Officers (AMCO), a mis en place un programme spécialisé de certification professionnelle AML/CFT, destiné notamment aux secteurs non bancaires et non financiers de Monaco. Il s’agit d’un bon exemple de la manière dont Monaco développe l’expertise humaine nécessaire pour accompagner le renforcement de son cadre réglementaire.
 

Bien plus qu’une histoire de « non-dom » britanniques

De nombreuses prévisions faisaient état d’un exode des résidents britanniques fortunés à la suite de la suppression du régime britannique des non-domiciliés. Monaco en a incontestablement bénéficié, même si le nombre d’anciens « non-doms » britanniques ayant effectivement déménagé semble, jusqu’à présent, moins spectaculaire que ne le laissaient entendre certaines des premières prévisions.

La tendance britannique sous-jacente reste néanmoins significative. Les ressortissants britanniques représentent désormais 7,9 % de la population monégasque, tandis que les ressortissants du Royaume-Uni représentaient 18,9 % des résidents adultes arrivés entre 2023 et 2025 et qui résidaient toujours à Monaco à la fin de l’année 2025. Ils constituent la quatrième nationalité la plus représentée, derrière les Monégasques (24,0 %), les Français (21,3 %) et les Italiens (19,5 %).

Cela représente une augmentation assez significative en un an : +163 résidents britanniques, soit environ +5,6 %, contre une croissance globale de la population monégasque de seulement 1,1 %. La communauté britannique croît donc clairement plus rapidement que l’ensemble de la population résidente. D’après notre expérience, il ne s’agit pas uniquement de « non-doms » quittant le Royaume-Uni. Beaucoup sont également des personnes domiciliées au Royaume-Uni.

Mais se concentrer excessivement sur les arrivées britanniques risque de faire passer à côté d’une évolution plus intéressante encore.

La population officielle de Monaco a atteint 38 857 habitants en 2025, soit une augmentation de 1,1 % en un an, et la Principauté accueille désormais 144 nationalités. Ces dernières années ont vu progresser non seulement la communauté britannique, mais également un large éventail de nationalités européennes et internationales.

Le nombre de résidents italiens, allemands, américains, canadiens, ukrainiens et suisses a également augmenté. À l’inverse, la population française a légèrement diminué.

Notre propre expérience concorde avec cette tendance plus générale. L’intérêt pour Monaco continue de provenir d’une grande diversité de pays et de profils, plutôt que d’un marché d’origine unique.

La géopolitique joue également un rôle. Les conflits et les incertitudes qui touchent le Moyen-Orient ont incité certaines familles internationalement mobiles, qui auraient auparavant pu envisager les Émirats arabes unis, à reconsidérer les alternatives européennes. Les tendances observées sur le marché suggèrent que certains futurs résidents qui envisageaient auparavant le Moyen-Orient se tournent désormais vers des centres européens de gestion de patrimoine, dont Monaco.

Cela renforce l’un des attraits historiques de Monaco : la Principauté n’est pas seulement perçue comme une juridiction fiscalement avantageuse, mais également comme une base européenne particulièrement stable et sûre.


L’éducation devient un élément de l’attractivité de Monaco

Une autre évolution, parfois négligée, concerne l’expansion rapide du secteur de l’éducation internationale à Monaco.

Pour les familles internationalement mobiles, la disponibilité d’un enseignement international et anglophone de grande qualité peut constituer un facteur déterminant lorsqu’il s’agit de choisir le lieu où établir une véritable résidence familiale.

L’International School of Monaco (ISM) compte désormais plus de 850 élèves représentant plus de 60 nationalités, à la suite de son installation en 2024 dans un important campus spécialement conçu à Testimonio II, au Larvotto.

La British School of Monaco, créée seulement en 2022 avec sept élèves, a connu une expansion remarquablement rapide. Elle débute l’année scolaire 2026 avec environ 170 élèves et 70 membres du personnel et a introduit la Year 10 ainsi que le premier programme IGCSE de Monaco.

Cette tendance est visible dans l’ensemble du secteur : la population des établissements scolaires privés de Monaco a sensiblement augmenté au cours de la dernière décennie, portée notamment par l’enseignement international.

Au niveau de l’enseignement supérieur, l’IUM est elle-même de plus en plus internationale. Son corps étudiant rassemble plus de 80 nationalités, tandis que le développement de son offre de formation pour cadres dans des domaines tels que la gestion de patrimoine et la conformité crée des liens toujours plus étroits entre le secteur de l’éducation et la communauté professionnelle monégasque.

Pris dans leur ensemble, ces développements rendent Monaco davantage adapté à l’établissement permanent d’une famille, plutôt qu’à une simple résidence destinée à un créateur de patrimoine individuel.


La relocalisation est un commencement, et non une finalité

Une idée reçue récurrente consiste à penser que l’obtention de la résidence monégasque marque l’achèvement du processus de planification.

En réalité, elle devrait déclencher une réflexion beaucoup plus large.

Un nouveau résident peut détenir des sociétés dans plusieurs juridictions, des trusts existants, des portefeuilles d’investissement, des biens immobiliers, des yachts, des avions privés et avoir des membres de sa famille résidant ailleurs. Un changement de résidence peut avoir des conséquences sur le traitement fiscal et successoral de ces actifs sans pour autant modifier leur propriété juridique.

La planification successorale est particulièrement importante.

Les personnes concernées devraient réexaminer leurs testaments, le droit successoral applicable, leur régime matrimonial, leur stratégie de donations de leur vivant ainsi que leurs structures existantes de trust ou de fondation. La résidence et la nationalité des conjoints, enfants et autres bénéficiaires peuvent être tout aussi importantes que celles de la personne qui s’installe à Monaco.

Pour les familles britanniques, l’évolution du Royaume-Uni vers un système d’impôt sur les successions fondé sur la résidence rend la planification avant le départ et après l’arrivée particulièrement importante. Mais le même principe s’applique aux nombreuses autres nationalités qui choisissent désormais Monaco : devenir résident monégasque ne supprime pas les obligations fiscales, successorales ou déclaratives pouvant exister dans d’autres juridictions.


La prochaine phase de Monaco : moderniser l’environnement juridique

Ces dernières années ont naturellement été dominées par MONEYVAL, le GAFI et le renforcement du dispositif monégasque de lutte contre le blanchiment de capitaux. La prochaine phase semble plus large, avec un Conseil National actif et un Gouvernement Princier poursuivant plusieurs initiatives susceptibles de moderniser sensiblement l’environnement juridique des résidents monégasques et de renforcer la compétitivité de la Principauté en tant que centre international de gestion de patrimoine privé.

Une Proposition, adoptée par le Conseil National en juin 2025, présente un intérêt particulier puisqu’elle propose la création d’une Fondation Patrimoniale Monégasque. Celle-ci permettrait à Monaco de disposer de sa propre fondation patrimoniale privée : une personne morale monégasque capable de détenir des actifs, notamment des biens immobiliers, des parts de sociétés et des droits incorporels, et de les administrer principalement au bénéfice de la famille du fondateur.

Le Conseil National a expressément présenté cette initiative comme un outil moderne de planification patrimoniale comparable aux structures disponibles dans les centres financiers internationaux concurrents, tout en maintenant des exigences en matière de transparence et de conformité. Une telle structure devrait nécessairement s’intégrer pleinement dans l’environnement opérationnel monégasque en matière de conformité.

Cette initiative s’inscrit aux côtés d’autres évolutions potentiellement importantes pour la clientèle privée. La Proposition de loi n°272, adoptée en novembre 2025, propose de mettre à jour le Code de droit international privé de Monaco. Étant donné que Monaco accueille près de 140 nationalités, les règles permettant de déterminer le droit applicable et la juridiction compétente en matière de famille internationale, de succession et dans d’autres domaines du droit privé revêtent une importance particulière.

La réforme proposée vise expressément à améliorer la cohérence et l’efficacité du Code après huit années d’expérience pratique.

Le droit de la famille évolue également. Une Proposition de loi prévoit une réforme importante du divorce et de la séparation, notamment l’introduction d’un fondement objectif simplifié du divorce et, point particulièrement important pour les familles internationales fortunées, la reconnaissance formelle des conventions matrimoniales permettant aux couples de déterminer les conséquences financières, patrimoniales et alimentaires d’une éventuelle rupture du mariage, sous réserve de garanties judiciaires appropriées.

Le programme s’étend également à la nouvelle économie. Le Projet de loi n°1131 du Gouvernement, reçu par le Conseil National en août 2026, propose un nouveau cadre réglementaire applicable aux prestataires de services sur crypto-actifs. Il fait suite à la législation antérieure de Monaco sur les actifs numériques, mais témoigne de la volonté continue de développer un cadre juridique crédible autour d’une classe d’actifs qui devient de plus en plus pertinente pour les entrepreneurs, les investisseurs et les structures de gestion du patrimoine familial.

D’autres initiatives sont également à l’étude. Une Proposition de loi faciliterait le transfert à Monaco du siège social de certaines entités étrangères tout en préservant leur continuité juridique, ce qui pourrait être pertinent pour les familles internationalement mobiles disposant de structures de holding existantes. Associées aux propositions concernant la fiducie, la Fondation Patrimoniale et d’autres réformes, ces initiatives témoignent d’une volonté manifeste d’élargir la gamme d’outils juridiques disponibles dans la Principauté.

Cette activité législative est importante. Monaco est en concurrence au niveau international non seulement en matière de fiscalité, mais également en termes de qualité et de flexibilité de son système juridique, d’outils de planification patrimoniale, de cadre du droit de la famille, d’éducation, d’infrastructures et de services professionnels. Les familles HNW et UHNW comparent de plus en plus les juridictions en fonction de leur capacité à y vivre, à y scolariser leurs enfants, à y gérer leurs entreprises et leurs investissements, à y détenir de nouvelles classes d’actifs et à organiser efficacement leur succession sur plusieurs générations.

Monaco semble donc entrer dans une nouvelle phase importante. Son cadre de conformité a été considérablement renforcé ; sa population résidente devient encore plus internationale ; son secteur éducatif se développe ; et son législateur examine activement des réformes destinées à moderniser l’environnement dans lequel les familles internationales vivent et gèrent leur patrimoine, tout en veillant à ce que toute nouvelle proposition intègre dès le départ des dispositifs de contrôle en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux.

Pour les familles internationalement mobiles, la proposition de Monaco dépasse de plus en plus largement la seule fiscalité avantageuse. La Principauté combine stabilité, sécurité, connectivité internationale, éducation et expertise professionnelle avec un cadre juridique en évolution, de plus en plus adapté aux exigences de la gestion moderne du patrimoine privé international.

Cette combinaison pourrait s’avérer particulièrement attractive pour la prochaine génération de résidents monégasques.

Rosemont à Monaco suit attentivement ces évolutions qui affectent les résidents, les familles internationales à dimension mondiale ainsi que leurs entreprises.

Contactez-nous si vous souhaitez discuter de la manière dont ces évolutions pourraient vous concerner : office@rosemont-mc.com

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